Agent 2030
- julienclos06
- 2 juin
- 3 min de lecture
Depuis quelques années, l’univers de la sécurité privée est en pleine mutation : diversification des missions et des métiers dû à la confiance de l’État, conséquence d’une professionnalisation des acteurs de la branche, intégration dans le continuum de sécurité global, enrichissement du référentiel de formation et augmentation des critères d’entrée en formation.
Seulement c’est loin d’être suffisant et donc loin d’être terminé. Voici ce qui, selon moi, devrait changer dans les prochaines années : On en parle depuis des années, il est temps de fusionner l’Agent de Prévention et de Sécurité (APS) et l’Agent du Service de Sécurité Incendie et d’Assistance à Personne (SSIAP). Cela permettrait au CNAPS d’avoir un droit de regard sur l’ensemble de la profession et de s’assurer du casier judiciaire vierge de tous les agents. La formation de 175h de l’APS, contenant déjà le SST et un module sur la sécurité incendie , serait alors augmenter de 35h supplémentaires. La partie écrite (QCU ou QCM) serait un mélange des deux et pour la pratique il y aurait un examen sûreté et un autre sécurité en présence d’un examinateur envoyé par le SDIS.
Il semble important que l’agent soit en bonne condition physique. Il est donc logique de demander un certificat médical pour l’entrée en formation comme c’est le cas pour le SSIAP. De plus, il n’est pas incongru d’ajouter du sport et même des cours d’auto-défense dans la formation de l’agent pour un total de 35h supplémentaires. L’agent de sécurité étant la plupart du temps le primo intervenant, il peut être amené à faire face à des situations dégradées mettant en jeu son intégrité physique ou celle d’autrui.
Avec l’ensemble des enquêtes menées et les contrôles réguliers qu’on lui impose, l’agent de sécurité n’est certes pas un membre des forces de l’ordre mais pas non plus un citoyen comme les autres. Après tout il est bien en charge de la sécurité des biens et des personnes qui lui sont confiés. On peut donc concevoir que, de facto, tous les agents soient formés à l’utilisation d’arme de catégorie D, augmentant encore la formation initiale de 70h. Charge ensuite aux Préfets, comme c’est le cas actuellement, de donner ou non l’autorisation (nominativement) aux agents d’exercer avec un bâton de défense et un aérosol de défense.
L’agent de sécurité est censé être et demeurer de bonne moralité. Par conséquent nous pourrions concevoir d’assermenter chacun d’entre eux. Cela leur permettrait de demander l’intervention de la fourrière dans des zones relevant du privée par exemple ainsi que de dresser des procès-verbaux en cas de dégradations constatées.
Tout ceci ferait une formation initial bien plus lourde (315h au lieu de 175 actuellement) et plus coûteuse (entre 4 000 et 5 000 € au lieu d’environ 1 500) mais ferait des agents mieux formés et plus aptes à remplir leurs missions et pourquoi pas de nouvelles confiées par l’État dans les centres pénitenciers afin de pallier aux manques de surveillants, au dans les commissariats afin de soulager la Police des visites régulières pour les personnes en GAV.
Pour terminer il serait bon que le législateur se penche sur les conditions de travail des agents de sécurité en leur donnant les moyens législatifs et matériels de se défendre. Je parlais plus haut des armes de catégorie D, nous pourrions aussi ajouter les caméras piétons et surtout le droit de faire leur travail. Un agent ne peut pas avoir peur de faire son travail face à un individu agressif par peur de perdre sa carte professionnelle.
Combien de fois ai-je entendu « je ne vais pas risquer de perdre ma carte pour un paquet de pâtes ou pour un jeune qui urine sur une voiture » ?
Voilà, entre autre, ce que je souhaite à court terme pour notre profession.




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